Le Vendredi Noir est-il plus noir qu’on pense?

En réponse à l’article d’Infopresse

A écouter la radio hier (vendredi noir), plusieurs détaillants avaient misé sur cette journée de soldes.  On m’a demandé de passer a Toys R Us et Old Navy et de participer à la “tâche” du magasinage des fêtes, et force est de croire que plusieurs consommateurs étaient au courant de cette nouvelle journée de soldes. Des couloirs encombrés, des files imposantes aux caisses, des commis qui semblaient un peu dépassés par ce volume, comme si l’initiative fonctionnait mieux que prévu.

Nous en marketing connaissions le Black Friday et le Cyber Monday depuis longtemps. Mais nos clients? On disait jusqu’à l’an dernier que les ventes des fêtes ne décollaient pas avant la première neige. Même si le Père Noel avait paradé sur Ste-Catherine et s’était installé à proximité de la cour alimentaire du centre commercial le plus près de chez vous, la caisse ne sonnait qu’à la tombée du 5e cm de neige.  Et bien, tout ça me semble avoir changé hier, du moins à Montréal.

Ce constat que je fais, il reflète plusieurs changements dans notre société mais j’en note trois particuliers. Premièrement, la force des Médias.  Toute la pub du monde est moins efficace qu’une bordée de neige. Mais comme le commentaire de monsieur Lopez le dénote, quand les Médias se mettent de la partie, ils font bouger les choses. Deuxièmement, les Montréalais sont de plus en plus bilingues, créant davantage de similitudes entre nous et les canadiens anglais. Nos Médias francophones se voient obligés de se défendre et répondent à un nouveau besoin en assurant de plus en plus une couverture médiatique de la culture, de l’économie et de la société américaines.  Troisièmement, nos détaillants devenus bannières d’Oncle Sam, y voient une occasion d’économies d’échelle importantes dans leur marketing et n’hésitent donc pas emboîter le pas à la maison mère.  On ne peut les accuser ou leur en vouloir, c’est preuve que la publicité reflète le comportement et les valeurs d’une société plus qu’elle ne les crée. Et que les Médias sont beaucoup plus puissants.  Si ce n’était pas le cas, je n’aurais pas jaser à la caisse hier avec ce couple qui avait pris congé pour magasiner comme les américains, et avec cette mère de famille allophone qui conversait très bien en trois langues.  Nous avons parlé comme si on était le 12 décembre et que 10 cm venaient de tomber au sol, à propos de Noel, de la famille et des retrouvailles.

Le vendredi noir sera de retour l’an prochain, plus gros que le premier.  Peut-être saurons-nous être plus imaginatif dans son positionnement pour rendre le phénomène plus joyeux et mieux rattaché à notre histoire et à notre culture.  Pourquoi pas un jour férié à un mois de Noel?   La Fête du Cadeau.